La réserve naturelle de l'estuaire de la Seine

 

> > La protection du râle des genêts

 

Les exploitants du Marais jouent le jeu de la préservation de l’environnement.

Sans attendre l’approbation du plan de gestion de la Réserve Naturelle de l’estuaire de Seine en cours de réalisation, la Maison de l’Estuaire a proposé, dès le printemps 2000, aux exploitants du marais de mettre en place des mesures de gestion favorable à la reproduction du râle des genêts.

Cette espèce autrefois bien présente dans l’Estuaire de Seine, est aujourd’hui mondialement menacée.

Le râle des genêts est un oiseau migrateur qui traverse le Sahara pour nicher chaque été dans nos prairies.

En 1999, seulement deux couples de râles des genêts nicheurs avaient été dénombrés sur l’Estuaire de Seine, alors qu’en 1996 on comptait encore 12 à 15 couples.

 

Favoriser le repeuplement par une gestion appropriée

Pour inverser le mouvement et retrouver des densités plus satisfaisantes, la Maison de l’Estuaire a proposé à ceux qui le souhaitaient divers types de contrat visant à modifier les pratiques de fauche et à favoriser ainsi le repeuplement de râles des genêts.

Trois types de gestion ont été proposés aux exploitants en début de saison d’herbe.

a) la fauche " sympa " ou centrifuge, où la coupe de l’herbe se fait du centre vers la périphérie de la parcelle, pour permettre aux jeunes oiseaux non volant de fuir vers la périphérie avant le passage de la barre de coupe ;

b) la constitution de bandes refuges non fauchées, sur 5 % minimum de la surface de la parcelle ;

c) enfin une fauche retardée au 1er juillet.

Un contrat a été proposé aux exploitants pour chacune de ces pratiques, ces engagements pouvant se cumuler selon les règles suivantes : A+B ; A+C ; A+B+C.

Des compensations financières sont accordées, variant en fonction de ces divers engagements, pour un coût global de 285.000 F. Ces compensations seront versées entre le 10 et le 15 octobre prochain.

Les agriculteurs ont pleinement joué le jeu puisqu’une première série de cinquante contrats a pu être passée avec la Maison de l’Estuaire.

 

Des résultats appréciables

Ceci a tout de suite donné des résultats, puisque 10 à 14 couples ont pu être dénombrés.

Sur les parcelles où un couple a été repéré, la Maison de l’Estuaire a proposé de décaler encore plus la date de fauche soit jusqu’au 8 juillet, soit jusqu’au 20 juillet. Ces nouveaux engagements pouvant se cumuler avec les précédents et entraînant une compensation financière supplémentaire. Quelques contrats supplémentaires ont pu ainsi être passé en juillet.

Au total, une opération qui a remporté un plein succès auprès des exploitants du GEPAES puisque 560 hectares ont fait l’objet de ces contrats, dont 86 hectares concernaient des jachères PAC, sans obligation dans ce dernier cas de fauche avant épiaison. En jouant le jeu de la protection de l’environnement, les agriculteurs ont ainsi apporté la preuve concrète qu’ils jouent un rôle irremplaçable, par rapport à une gestion totalement publique, dans l’entretien de la réserve naturelle, en assurant un équilibre entre protection de la faune et de la flore et rentabilité économique