Productions végétales

> > La Normandie Pays du lin textile 

 
La production linière en quelques chiffres
Pourquoi porter du lin ?
Les différents usages du lin…
Les grandes étapes de la vie du lin textile
Le lin, fibre naturelle respectueuse de l’environnement

Evolution des ensemencements

 

 

Avec un tiers des surfaces cultivées en France, la Seine-Maritime est le premier département linier et assure le quart de la production de la CEE.


La production linière en quelques chiffres

En Europe

L’Europe est la troisième puissance mondiale linière (73.000 ha en 2000) après la Chine et l’ex-URSS dont les rendements sont particulièrement faibles.

En France

La France, premier pays européen pour la recherche appliquée, est le premier producteur européen de lin (55.700 ha en 2000). Le lin français, reconnu comme le meilleur au monde, est vendu dans toutes les zones de production.

En Normandie

A eux seuls, les liniculteurs normands cultivent 33.850 hectares de lin, assurant 60 % de la production française et 45 % de la production européenne transformée.

Le lin normand bénéficie d’une renommée mondiale, du fait de sa grande qualité (longueur, finesse, résistance, couleur et facilité à l’élaborer).


Pourquoi porter du lin ?

Le lin a traversé notre histoire en s’inscrivant dans la mémoire des textiles avec une noblesse que nul ne saurait revendiquer. Aujourd'hui, il prend avec aisance et naturel, sa place dans le contemporain.

Le lin, très agréable à porter et textile de l’été par excellence, retient, depuis peu, grâce à la Création Textile, l'attention des Collections « Hiver ». En effet, c’est un excellent isolant qui vit au rythme des saisons : ceci explique sa fraîcheur en été et son confort en hiver.

Le lin est anallergique. Il a été prouvé, que des médications effectuées à l’aide d'un tissu de lin accélèrent la guérison de certaines maladies de la peau. Il est doté de propriétés anti-allergiques et anti-bactériennes (certains fils chirurgicaux sont en lin).

Le lin « anti-stress » favorise un sommeil plus réparateur et plus profond ; le temps d'endormissement est plus court…

Le lin est la fibre la plus résistante. Il dure longtemps et ne peluche pas. Plus on lave le linge de maison en lin, plus il est beau et souple.

Le lin, qui consomme très peu d’engrais et de produits phytosanitaire et donc respectueux de l’environnement, est la fibre naturelle qui prend le mieux la teinture. Par l'élégance de son blanc, mais aussi par la finalité de ses teintures qui pénètrent la fibre au cœur, les vêtements, les linges de table et d'ameublement sont prestigieux.

 

Les différents usages du lin…

Le lin est, bien entendu, utilisé pour le vêtement (50 % des débouchés) et le linge de maison (25 %), mais pas seulement. Il l'est également pour :

> Les toiles à peindre
> Les stores
> Les sangles
> Les courroies
> Les cordages
> Les ficelles
> Le fil à coudre, à broder
> Les toiles de tente et les bâches (résistance à la déchirure)
> Les toiles à cirer
> Les chaussures
> Les fils industriels spéciaux
> Les sacs postaux (pour leur résistance)
> Les tuyaux incendie (souple, solide, étanche)
> Les filtres à vin
> Les fils chirurgicaux…

 

Il est également valorisé dans le domaine de la papeterie : déjà utilisé depuis des siècles, le fil d’étoupe de lin (résidu du teillage) est un matériau de base pour les papiers spéciaux. On 1'utitise notamment pour les obligations, les billets de banque, les papiers de valeurs, les papiers à cigarettes...

Les anas de lin qui servent à fabriquer des panneaux de bois aggloméré, sont également employés pour la fabrication des portes, des cloisons, des toitures (essentiellement aux Pays-Bas), des snookers (billards anglais) et même... des talons de chaussures.

Les panneaux de lin, excellent isolant thermique et phonique, ont notamment été utilisés pour la fabrication des portes du grand stade de France, du nouveau Parlement européen à Luxembourg et du Ministère des Finances.

La graine est, après extraction de l’huile, utilisée comme aliment du bétail.

Dans le domaine de la cosmétologie, l'huile de lin participe directement à la régulation de la perméabilité cutanée, grâce à sa richesse en acides gras essentiels. C'est un excellent agent restructurant et hydratant de l'épiderme. Ses propriétés émollientes, très recherchées dans tous les cosmétiques calment, apaisent et soulagent les irritations cutanées et les brûlures. C'est une excellente huile de massage.

 

Que peut on produire avec un hectare de lin ?
(Document de l'Association Générale
des Producteurs de Lin)


 

Les grandes étapes de la vie du lin textile

Le lin textile est cultivé depuis de nombreux siècles, que ce soit en Egypte, en Russie, en Chine ou en France. Déjà Toutankhamon, le plus fameux des pharaons égyptiens, portait de splendides tuniques en lin fin. Ce lin avait été cultivé sur les plaines submersibles du Nil. Ses qualités sont donc connues depuis longtemps : fibre naturelle, noble, fraîche et agréable à porter, c'est le textile idéal d'été.

La France, qui est le principal producteur de la C.E.E. (55 680 ha en 2000 sur 73 000 ha européens), a deux atouts considérables pour cette culture. Tout d'abord, son climat tempéré et humide : ainsi le lin est produit principalement dans les départements de la Seine-Maritime, l'Eure, le Calvados, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme et l'Oise. Ensuite, le savoir-faire de ses liniculteurs (agriculteurs qui cultivent le lin) qui permet de produire un lin de bonne qualité.

Mais revenons à la culture proprement dite.

Pour éviter la fatigue du sol et la prolifération des maladies dans celui-ci, il faut respecter un intervalle d'au moins 7 ans entre deux cultures de lin dans la même terre.

L'agriculteur doit donc préparer une rotation de culture sur ses terres où le lin ne sera présent qu’une année sur sept. Les 6 autres années il y cultive de la betterave, de la pomme de terre, du blé, du colza, du pois ou de l'escourgeon.

 

Le semis

Tout commence par la préparation du sol.

Le travail du sol doit préparer un lit de semence qui assure une germination régulière et rapide, et un bon développement du système racinaire des jeunes plantules.

Il faut, bien entendu, maintenir la terre très propre, sans mauvaises herbes.

La période de semis la plus courante se situe entre le 15 mars et le 5 avril. Il faut compter 8 à 15 jours pour la levée.

Il faut semer assez de graines pour obtenir, par mètre carré, environ 2.000 pieds, bien levés, ce qui correspond à environ 2 200 graines par m² (nous comptons 10 % de perte à la levée).

Un tel peuplement est dense, aussi est-il très important que la répartition de la semence soit aussi homogène que possible pour occuper toute la surface et pour obtenir des tiges fines et régulières.

La graine est enterrée à une profondeur de 1 à 2 cm.

 

De la levée à la f loraiso n

De la levée à la floraison, il faut compter environ 2 mois et demi.

Sur la tige se développent 80 à 100 feuilles. Pendant cette phase de croissance rapide, la sensibilité à la verse est maximum (la verse = les plantes se couchent par terre, par l'effet d'orages ou de fortes pluies). Parfois le lin pourra se relever mais s’il ne peut pas, sa qualité sera médiocre. Dans les jours qui précèdent la floraison ou à son début, il y a là une période très critique.

 

La floraison

La floraison intervient au cours du mois de juin, la plante atteint une hauteur voisine d'un mètre.

Il existe des lins à fleurs bleues et des lins à fleurs blanches. Les lins à fleurs bleues plus productifs représentent 90 % des surfaces cultivées en France.

La fleur dure une demi-journée. Environ 30 jours après le début de la floraison, le lin est mûr.

 

L’arrachage

L'arrachage intervient au cours du mois de juillet. Il commence normalement lorsque les tiges ont perdu leurs feuilles sur le tiers de leur longueur à partir du sol. Les capsules contenant les graines ont alors une couleur jaune-brun.

On ne fauche pas le lin, on l'arrache pour conserver toute la longueur des tiges, et on le dépose sur le sol en andains. L'andain est une nappe de lin qui occupe au sol une largeur d'environ 1 mètre.

 

Le rouissage

L'arrachage effectué, le rouissage peut se développer dès que les conditions d’humidité sont favorables. Le rouissage est l'opération qui permet, grâce à l'action de micro-organismes (champignons et bactéries), de séparer d'un côté les fibres et de l'autre côté le bois et l'écorce. Ainsi les micro-organismes attaquent les ciments qui tiennent les fibres entre elles.

Il est généralement nécessaire de retourner le lin pour obtenir un rouissage homogène.

Quand le rouissage est jugé optimum, le lin est ramassé en grosses balles rondes. Le lin est ensuite teillé, la fibre est séparée de la paille et des poussières. Le lin est ensuite peigné, il est filé, tissé et confectionné pour donner un vêtement tel que tailleur, chemisier, jupe pour les femmes et tel que veste, costume ou chemises pour les hommes.

 

Le teillage

Il consiste à séparer mécaniquement les fibres textiles des parties ligneuses de la plante. Deux opérations sont nécessaires :

1) Le broyage qui va briser la tige centrale en petits fragments appelés anas.
2) Le battage qui éliminera les anas de la filasse.

Le teillage permet d'extraire de la plante :

- Le lin teillé : qui sert à la fabrication de beaux tissus en 100 % ou en mélange pour le linge de maison, l’habillement ou l’ameublement.

- Les étoupes : pour des tissus plus grossiers, cordages…

- Les anas : pour des panneaux agglomérés utilisés en menuiserie et combustibles.

- Les graines : pour l’huile, peinture, vernis et fabrication de tourteaux pour l’alimentation des animaux.

- Les poussières : amendement organique et terreau.

 

La filature

C’est l’ensemble des opérations qui consiste à produire, en tordant des fibres textiles parallèles, un cylindre appelé fil.

Il faut distinguer :       

la filature au mouillé et la filature au sec,
la filature des longs brins et la filature des étoupes.

Les longs brins sont en général filés au mouillé pour produire des fils fins et de qualité. Les étoupes sont surtout filées au sec pour produire des fils plus gros et de qualité plus ordinaire.

Puis vient le tissage : celui-ci consiste à entrecroiser des fils disposés parallèlement en long, ("la chaîne"), avec des fils disposés perpendiculairement, ("la trame") ou le tricotage.

 

Le lin, fibre naturelle...

Sa culture est peu exigeante en azote (d'où pas de pollution par les nitrates) et nécessite très peu de traitements phytosanitaires (un désherbant et un traitement contre les insectes au maximum). Le lin se situe donc en toute première place sur une échelle écologique. Ensuite, le fil et le tissu subissent un traitement qui est similaire en tout point aux autres fibres.

 

…respectueuse de l’environnement

Son toucher, son côté frais et agréable à porter donne un senti­ment de bien-être.

Sa richesse de coloris, sans égale, en fait un textile très prisé des plus grands créateurs de mode.

Son tissu est anallergique (déjà au Moyen Age, le lin était préféré à la laine pour des rai­sons d'hygiène).

 

Evolution des ensemencements

La Seine-Maritime est le premier département linier de France avec un tiers des surfaces cultivées.

 

Pays producteurs

Ha 2001

Ha 2000

Ha 1999

France

dont - Seine-Maritime

        - Eure

        - Pas-de-Calais

        - Calvados/Orne

67 960

20 989

13 191

8 043

6 794

55 680

17 778

10 479

6 868

5 592

49 129

15 838

9 343

6 116

4 638


Belgique


16 900


13 300


12 149


Pays-Bas


4 415


4 016


3 590


Autres Pays


5 742


31 511


148 699

 

Les pays traditionnels (France, Belgique, Pays-Bas) après une hausse en 2000, ont de nouveau augmenté de manière importante leurs surfaces (+ 22%) en 2001. Alors que les autres pays (Espagne, Portugal, Grande-Bretagne), qui ne disposent pas de réels moyens de transformation, ont chuté.

L’Espagne, à 126.226 ha en 1999 et 13.895 ha en 2000, n'a ensemencé que 571 ha en 2001.

Malgré cette progression, la récolte 2001 des pays traditionnels reste inférieure à la normale en raison de l'importance des surfaces non récoltées (15 000 ha) et des rendements, particulièrement faibles du fait des retards de semis et des conditions climatiques qui ont suivi.